Nouvelles et perspectives

Les élections aux États-Unis – comment y voir plus clair?

16 novembre 2020

Il y a les mensonges, la mauvaise foi, et ensuite, les sondages pour les élections présidentielles. Avant l’élection, de nombreux sondeurs prédisaient une « vague bleue » où les démocrates remporteraient non seulement la présidence, mais aussi une majorité au Sénat et à la Chambre des représentants. Or, le lendemain de l’élection, les résultats étaient encore trop serrés pour en connaître le vainqueur. Un nombre sans précédent de votes a été envoyé par la poste en raison de la pandémie, ce qui a nécessité beaucoup plus de temps pour le comptage. Les votes par correspondance ont considérablement favorisé l’ancien vice-président Joe Biden, et à mesure que la semaine avançait, il semblait de plus en plus évident qu’il obtiendrait plus des 270 grands électeurs nécessaires pour gagner.

Le président Trump allègue qu’il a perdu en raison d’une fraude électorale, des propos qu’il tenait déjà avant l’élection. Toutefois, les résultats montrent que Joe Biden dispose d’une nette avance et qu’un nouveau décompte ou des allégations de fraude électorale ne changeront probablement rien au résultat.

Les démocrates ont probablement remporté la présidence, mais leurs chances de remporter une majorité au Sénat sont encore trop faibles pour se prononcer sur l’issue. Les résultats de l’élection indiquent qu’aucun parti ne peut se targuer de remporter haut la main l’opinion publique. La polarisation aux États-Unis ne devrait pas se dissiper de sitôt.

Répercussions sur le marché

Le marché semblait s’attendre à ce que ni l’un ni l’autre des partis ne remporte une forte majorité. Habituellement, lorsque le Congrès est divisé, le gouvernement dispose d’une faible marge de manœuvre pour mettre en place ses politiques. Un tel statu quo réduit l’incertitude et rassure les marchés. De fait, à mesure que la probabilité d’une majorité diminuait, les actifs à risque tels que les actions et les titres de créance se redressaient pendant la première semaine de novembre, alors que les taux de rendement des obligations du Trésor diminuaient.

Avant l’élection, en raison de la vague bleue anticipée, on s’attendait à ce que les démocrates puissent mettre en place leur programme de dépenses budgétaires, leur réforme des soins de santé, leurs initiatives en matière de lutte contre les changements climatiques, et à ce qu’ils annulent les réductions d’impôts consenties par l’administration Trump. Un tel scénario laissait croire que les dépenses budgétaires seraient importantes, ce qui aurait eu pour effet d’accroître le risque d’une hausse de la dette et de l’inflation, et fait augmenter les taux d’intérêt.

En raison de la division du gouvernement, il sera toutefois difficile d’implémenter des mesures de relance budgétaires, car l’aile la plus conservatrice du parti républicain à cet égard, en l’occurrence le Tea Party, se manifestera après quatre ans d’hibernation pour vanter les mérites des restrictions budgétaires et exiger un budget équilibré. Certains signes ont été observés en ce sens avant l’élection, à partir du moment où une victoire présidentielle des démocrates a été pressentie. Les probabilités inférieures de grandes dépenses budgétaires auront pour effet de limiter les nouvelles émissions d’obligations du Trésor. Du coup, le plus faible volume d’émissions entraînera une hausse des cours et une baisse des taux de rendement des obligations du Trésor. De plus, nous croyons qu’il sera difficile pour les démocrates d’annuler les réductions d’impôt accordées aux sociétés par l’administration Trump.

Sur le plan du commerce mondial, le président élu Biden devrait adopter une approche moins conflictuelle. Nous nous attendons à ce qu’il adopte également une attitude moins agressive et imprévisible en ce qui concerne les tarifs et les conflits commerciaux, sauf peut-être dans le cas de la Chine, comme il l’a déclaré pendant sa campagne, car la fermeté envers la Chine demeure populaire auprès des Américains. À notre avis, cette approche plus mesurée devrait favoriser les actifs à risque.

Sous la présidence de Joe Biden, nous croyons que la COVID-19 sera mieux gérée, que la politique sera plus stable, et que la nouvelle administration ne cherchera pas autant à mettre en échec les entreprises de technologie et à se placer en situation de conflit commercial, créant ainsi un contexte favorable aux actifs à risque. En revanche, on ne sait pas encore à quoi s’attendre quant aux dépenses en infrastructures et au virage vert proposés par les démocrates, si ces derniers ne remportent pas une majorité au Sénat, ce qui pourrait se traduire par des mesures budgétaires moins importantes.

L’élection n’était ni plus ni moins qu’une distraction, car peu importe que le plan de relance prévoie des dépenses de 1 000 milliards de dollars sans hausse d’impôts ou qu’il prévoie des dépenses de 2 000 milliards de dollars avec hausses d’impôts, le résultat sera le même, une équivalence ricardienne[1], en termes économiques. Le principal facteur qui dictera l’évolution des marchés demeurera la pandémie.

Le point sur la pandémie

Au moment où nous entrons dans la deuxième vague de la pandémie, de nombreuses questions se posent quant aux perspectives économiques et aux effets à long terme de la COVID-19. Les mesures de confinement pour endiguer la deuxième vague sont là pour un bon moment, alors il vaut mieux tenir le coup. Nous croyons qu’elles seront plus ciblées, car la capacité de contrôle du virus s’améliore de jour en jour.

De plus, même si le nombre de cas semble plus élevé au cours de cette deuxième vague, le taux de mortalité a été jusqu’à présent beaucoup plus bas, ce qui est probablement dû au fait que le nombre total de cas n’a pas été bien établi au cours de la première vague. Bref, il y a probablement eu beaucoup plus de cas qui n’ont pas été signalés durant la première vague en raison du manque de connaissances et de ressources de dépistage.

La conséquence la plus grave de la pandémie jusqu’à maintenant n’est pas la contraction du PIB, mais plutôt la perte d’emplois, surtout dans le secteur des services. Les emplois dans les secteurs du commerce de détail, des transports, de la culture et du divertissement, de l’hébergement et de la restauration exigent beaucoup plus de main-d’œuvre et ont été les plus durement touchés par la pandémie.

Perspectives et positionnement du portefeuille

Nous sommes optimistes, mais nous demeurons prudents. La deuxième vague de la pandémie frappe toujours et nettement plus fort que la première, à l’instar de la deuxième vague de la grippe espagnole. Toutefois, comme nous en savons plus cette fois-ci, nous arrivons à mieux la gérer dans l’ensemble. En outre, la perspective d’un vaccin à court terme pourrait réduire les risques d’une récession à double creux.

C’est pourquoi nous maintenons une duration courte et continuons de surpondérer les actifs risqués de nos portefeuilles de titres à revenu fixe. Bien que les écarts de taux des obligations de sociétés se soient rétrécis, il existe toujours une forte disparité au sein du secteur. Par conséquent, nous continuons d’être sélectifs et stratégiques en ce qui concerne l’allocation des capitaux des clients. À mesure que les chances d’obtenir un vaccin pour combattre la pandémie augmentent, nous croyons que les écarts continueront de se resserrer. La demande refoulée devrait mener à une forte croissance et à une progression des obligations d’État. Si la situation continue d’évoluer en ce sens, notre portefeuille devrait bien se porter.

[1] « L’équivalence ricardienne est une théorie économique selon laquelle le financement des dépenses publiques à partir des impôts actuels ou futurs (et des déficits actuels) aura des effets équivalents sur l’ensemble de l’économie. » Investopedia (https://www.investopedia.com/terms/r/ricardianequivalence.asp)

 

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